Le programme d’éducation à la vie relationnelle et sexuelle, annoncé depuis début février 2025, est sur le point de devenir une réalité dans les écoles françaises. Alors qu’il suscite toujours des débats intenses, notamment parmi les conservateurs et une partie de la droite, le Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique (SGEC) a confirmé son intention de le mettre en œuvre dès septembre 2025. Cette décision intervient après des mois de discussions initiées en mars 2024, et la publication officielle du programme semble enfin sur le point de passer du projet à l’application pratique.
Un programme obligatoire pour tous
Le programme prévoit au moins trois séances annuelles obligatoires. Ces séances, destinées aux écoles primaires, collèges et lycées, sont conçues pour fournir à chaque élève une éducation de base sur la vie affective et sexuelle. Elles visent à traiter des thèmes cruciaux tels que le consentement, le respect de soi et d’autrui, ainsi que la sensibilisation aux réalités et diversités sexuelles. Cette initiative, pourtant inscrite dans la loi depuis 2001, n’a été que partiellement appliquée, souvent empêchée par des résistances idéologiques ou organisationnelles.
Un engagement controversé, mais ferme
Philippe Delorme, secrétaire général du SGEC, a clairement exprimé sa volonté de contrer les réticences. « Je connais et je combats ces associations qui pratiquent la désinformation, » a-t-il affirmé lors d’une audition devant la commission d’enquête sur le contrôle des établissements scolaires par l’État. Il reconnaît que les oppositions à ce programme proviennent tant des établissements publics que privés sous contrat, affirmant que l’éducation à la sexualité ne doit pas être envahie par de quelconques idéologies extrêmes.
Malgré les critiques, l’engagement est pris : « Aujourd’hui, […] le programme est publié et donc nous allons le mettre en œuvre, » a-t-il souligné, confirmant ainsi l’intention de l’enseignement catholique de respecter cette nouvelle directive ministérielle. Les propos de Delorme ont été interprétés par certains, comme le député Paul Vannier, membre de la commission d’enquête, comme un changement de paradigme favorable à l’évolution des mentalités dans les écoles catholiques.
Association des familles : un élément clé
Philippe Delorme a souligné l’importance d’impliquer les familles dans ce processus éducatif pour lever les inquiétudes et éviter la dramatisation du sujet. L’objectif est de créer un dialogue ouvert et constructif entre les établissements éducatifs et les parents, assurant ainsi que l’éducation à la sexualité soit perçue de manière positive et enrichissante pour les élèves. « Tout ce qui peut contribuer à l’éducation des enfants, et je pense par exemple à la partie du premier degré dans ce programme […] nous le soutenons, » a-t-il précisé.
Dans cette optique, le programme n’est pas uniquement axé sur des sujets biologiques mais couvre également des aspects importants comme la pudeur, le respect du corps, et le consentement. En sensibilisant dès le plus jeune âge, les éducateurs espèrent ancrer des valeurs de respect et de compréhension chez les enfants.
Perspectives et attentes
Avec le lancement effectif prévu pour septembre 2025, les établissements se préparent à intégrer ces séances d’éducation à la sexualité dans leur emploi du temps. Il s’agit d’une occasion pour tous les intervenants – éducateurs, parents et élèves – de prendre part activement à cette démarche, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des enjeux modernes autour de la vie affective et sexuelle.
En somme, cette initiative vise à équiper les jeunes avec les connaissances et les valeurs nécessaires pour naviguer dans un monde diversifié, en proie à des changements sociaux rapides. Les attentes sont grandes et les défis nombreux, mais l’enseignement catholique semble prêt à relever le défi, espérant ainsi obtenir des résultats positifs sur le long terme.